Psychologie de l’adolescence

L’adolescence 

L’adolescence, une définition 

Adolescent vient du latin adolescere qui signifie « grandir vers ». Âge qui mène vers l’âge adulte et la maturité. L’adolescence se situe au moment de la puberté.

Adolescence: Achèvement de la personne – Henri Wallon

Henri Wallon

WALLON est issu d’une famille de la bourgeoisie intellectuelle du Nord de la France. Il a été, tout à la fois, philosophe, médecin, neuropsychologue, psychologue, pédagogue et homme politique. En 1902 il a été agrégé en philosophie, en 1908 il a été affecté en tant que neurologue à l’hôpital Bicêtre et Salpêtrière en second temps, en temps que neurologue. Il a ouvert le service de consultations en psychiatrie de l’enfant.

 

 

A la fin de l’enfance, notre corps se modifie, nous appelons ça la puberté, du moins le début de la puberté.

Wallon a une théorie interactionniste qui est d’abord sociale, on parle d’interaction au sens strict du terme. Il est l’auteur de la loi d’alternance: 

adolescence

Centrifuge – Centripète 

Pendant l’adolescence, le futur ado sera dans une période centripète. C’est à dire qu’il tournera tout vers lui, il y aura une prise de conscience et un questionnement sur les grandes idées: vie, mort, société.

Les besoins du « moi » prennent le dessus sur le monde extérieur. L’affectivité est au premier plan,  l’adolescent se croit « tout puissant ». Cet âge est marqué par des ambivalences qui se voient notamment dans les comportements. Ceux-ci vont parfois être fortement opposés.

Le dilemme de l’adolescence – Erikson

Erik Erikson

 

Erik Erikson est un psychanalyste et psychologue du développement américain (allemand de naissance), auteur d’une théorie du développement psychosocial reposant sur huit stades psychosociaux successifs.

 

 

Erik Erikson a travaillé sur l’identité 

Pour lui, l’identité est une combinaison de rôles sociaux et d’éléments inconscients. Situation compliqué pour l’adolescent, car il y a une remise en cause de l’identité de l’enfant et tentation de créer une nouvelle identité.

L’identité est une image cohérente et unifiée  l’on a de nous et de la communauté pour laquelle elle doit être porteuse de sens.

Principe du dilemme

Le dilemme s’installe entre identité et confusion de rôles. C’est une situation complexe pour l’adolescent car il y a une remise en cause des rôles de l’enfance et tentation de création de créer une nouvelle identité.

L’adolescent est amené à faire des choix personnel qui auront des conséquences sur l’ensemble des domaines de son existence: politique, religion, sexuel …

Parvenir à la maturité est compliqué parce que l’identité doit être re-examiné et les rôles qu’il a assumait jusqu’alors. Trop de possibilités entraînant des risques de confusion.

L’identité de l’enfant, pour Erikson, s’effondre au début de l’adolescence à cause de la puberté, car il y a des changements physiques qui bousculent le schéma corporel que s’était fait l’enfant. La pensée de l’enfant devient une sorte de moratoire psycho-sociale (période de suspension: de délai ou les engagements vont être dans le temps.

Pendant la période moratoire l’adolescent va expérimenter des rôles, faire des choix, s’orienter vers ce que deviendront ses attachements et identifications.

L’ancienne identité, celle de l’enfant, n’est plus suffisante. Il y a une confusion entre le choix des rôles qui s’offrent à l’adolescent pour se créer une nouvelle identité, un risque d’incertitude sur la place à tenir dans la société, cela s’ajoute aux bouleversements que subit l’adolescent sur tous les plans: physique, cognitif et affectif.

Cette confusion de rôles va entraîner une crise d’identité sur le mode: « qui suis-je », cette crise est selon Erikson un tournant nécessaire, moment crucial dans le développement qui permet que des choix soient opérés.

Les groupes de pairs sont très importants pour l’adolescent, car c’est au sein du groupe de pairs qu’il va pouvoir expérimenter ses rôles sociaux, des images différentes de lui-même, tout en mesurant leurs portées sociales. Le groupe de pairs va constituer une base de sécurité à partir de laquelle l’adolescent va pouvoir s’orienter vers ce que sera sa propre identité.

Ce que l’adolescent doit acquérir c’est une vision intégrée de lui-même qui inclut son propre mode de croyance, ses aspirations personnelles et ses modes de relations avec autrui.

Erikson parle de sentiment de l’identité intérieure à propos de cette intégration qui doit être réalisée.

 

Pour se sentir unifié, intégré, cohérent, l’adolescent doit ressentir une continuité entre ce qu’il était au cours de l’enfance et ce qu’il pense devenir dans le futur. Mais aussi entre ce qu’il pense être lui-même et ce qu’il pense que les autres perçoivent de lui.

La crise identitaire – Coslin 

Selon Coslin, la crise identitaire qui prend place au moment de l’adolescence correspond à un temps de recherche et d’introspection, une sorte de bilan personnel d’où surgira l’identité.

Cette identité intégrera les éléments d’identification antérieurs des stades précédents.

A ce moment de remise en cause de l’identification de l’enfance, si ces identifications ont été problématiques, cela peut entraîner une dépendance vis-à-vis des autres, du groupe de pairs et une propension à adhérer à des philosophies de type sectaires.

Crise identitaire et phase moratoire – Marcia

Selon Marcia, il faut, pour que l’identité soit achevée, que le jeune ait à la fois traversé sa crise identitaire, et dépassé la phase moratoire décrite par Erikson. A l’inverse, la question de l’identité va rester problématique lorsque cette question identitaire reste diffuse. Cela aboutit à des adultes qui ne parviennent pas à s’engager socialement, parfois dans un domaine et pas dans un autre.

Si la construction identitaire est réussie, elle aboutit à l’élaboration de principe généraux qui vont assurer une cohérence de la personne dans tous les domaines.